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Détails chronologiques de l'œuvre de Marc-Aurèle Fortin
1888 - 1970

«J'ai voulu créer une école du paysage canadien complètement détachée de l'école européenne. Il n'y a pas d'école typique canadienne où l'on ne sent aucune influence. J'ai été le premier à me dégager de cette emprise.»

 

Cet objectif Fortin, le poursuivra pendant cinquante ans dans l'isolement, mais aussi dans la joie. L' la boutique duuvre phénoménale qu'il nous livrera est faite de ces paysages éclatants de lumière où s'incarne intensément l'âme du Québec.

En 1907, l'artiste fait un bref séjour à Edmonton avant de se diriger au Chicago Art Institute pour y parfaire son art. Il revient à son patelin de Sainte-Rose en 1912 à la recherche d'une interprétation différente de la nature québécoise. Au cours des six années subséquentes se dessine chez l'artiste un style nouveau, une éblouissante transformation du paysage.

C'est en 1918 qu'apparaissent ses aquarelles lyriques aux arbres troués tels des éponges aux couleurs flamboyantes

Mais les ormes géants de son village exercent sur l'artiste une étrange fascination et de 1923 à 1928, il peint des arbres au feuillage détaillé, des ormes gigantesques, démesurés, aux ramures chargées de sève où se dissimulent d'humbles demeures.

En 1928 apparaissent de splendides aquarelles pures dont la qualité exceptionnelle ne se retrouve que chez les grands maîtres. Après un séjour de six mois en France, l'artiste revient au pays en 1935, déclarant que l'avenir de la peinture est en Amérique. Toutefois son style s'est transformé. À la poésie succède la puissance des tons intenses et vibrants.

En 1936, Fortin révèle au monde des Arts son esprit Innovateur en concevant une technique qui consiste à peindre sur des fonds gris "pour décrire l'atmosphère chaude des ciels du Québec" et sur des fonds noirs pour "intensifier la relation entre l'ombre et la lumière".

En 1939, il expérimente à l'aquarelle et crayon rehaussé de pastel à l'huile, des ciels à peine esquissés au fusain, égayés de nuages légèrement teintés. Il s'adonne aussi à la gravure, dont on sait qu'il en exécuta près de soixante.

En 1950, l'artiste découvre la caséine (sorte de détrempe à base de lait). Il est au faîte de son talent et, jusqu'en 1955, il brosse des tableaux d'une puissance stupéfiante.

Il confie alors à la garde de son gérant près de deux mille tableaux, des œuvres d'une valeur inestimable dont plusieurs seront jetés sans discernement. Le maître qui n'avait rien d'un fabricant se voit contraint, en 1960, à reprendre ses pinceaux. Mais il a perdu sa touche; ce n'est plus le grand Marc-Aurèle.

Il perd la vue en 1966 et, après douze années de séquestration et de vie misérable, son ami et admirateur, René Buisson, le transporte à Macamic en Abitibi où il s'éteint paisiblement en 1970.

«Marc-Aurèle Fortin est connu et admiré comme le merveilleux chantre du paysage québécois. Il en a contemplé et dépeint les multiples facettes, des soulèvements rocheux des Laurentides aux échancrures du Saguenay en passant par les vallons de Charlevoix.

De la campagne et la ville , il a peint les routes paisibles de Sainte-Rose, son village natal, les montagnes du Piedmont et les barques de pêche de la Gaspésie. Il a croqué sur le vif les progrès de l'urbanisation: réseau de voies ferrées du quartier d'Hochelaga, construction du pont Jacques-Cartier, activités maritimes du port de Montréal.

Si on se réjouit de découvrir, avec nostalgie, dans ses pastels, ses aquarelles et ses huiles, les visages changeants de ce Québec de la première demie du vingtième siècle, ce n'est pas à ce niveau de la description des lieux et de leurs charmes qu'il faut chercher le génie de Marc-Aurèle Fortin.

Peintre et créateur  avant tout, Fortin ne se laisse envahir par le pittoresque des scènes qu'il décrit et, surtout, il ne s'abandonne pas à la transcription servile de leurs apparence. Il transpose, transforme, métamorphose les perceptions de l'œil en vision du peintre.

Fortin expérimente les techniques les plus variées, il développe un langage pictural personnel des plus expressifs pour traduire ses émotions, ses sentiments. Les arabesques de la ligne, les contrastes et les harmonies de la couleur, les mouvements de la composition,voilà ce qui le captive et aiguillonne sa recherche; voilà ce qui distingue ses œuvres des clichés des petits paysagistes.»

Germain Lefebvre....Marc-Aurèle Fortin. Peintre-graveur...1888-1970

 

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